Entre “diplôme reconnu”, “titre RNCP”, “niveau 6” ou encore “bac+3”, la confusion est fréquente, y compris chez des publics déjà engagés dans une démarche de formation.
Pourtant, un diplôme d’État et une certification enregistrée au RNCP n’obéissent pas aux mêmes logiques : l’un relève d’un cadre académique, l’autre atteste d’une capacité à exercer un métier selon des critères d’employabilité et de compétences.
L’enjeu, pour un organisme de formation, est double : bien informer (obligation de clarté) et positionner correctement son offre.
1) Diplôme d’État : un cadre académique
Un diplôme (notamment un diplôme national de l’enseignement supérieur) est défini et organisé par l’État : il valide des connaissances et compétences acquises à l’issue d’un cursus, avec des règles communes, quel que soit l’établissement qui le délivre.
Le terme “diplôme d’État” est aussi utilisé pour certains diplômes portés par des ministères (santé, travail social, sport, etc.) et peut être associé, selon les cas, à des exigences réglementaires (accès à une profession, habilitations, numerus clausus, stages obligatoires, etc.).
À retenir : le diplôme est d’abord un repère académique, construit dans un cadre national, stable et lisible.
2) Certification RNCP : une reconnaissance “métier” et un niveau de qualification
Le RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) recense des certifications qui visent un ou plusieurs métiers. Elles sont classées par niveau de qualification et structurées, souvent en blocs de compétences, ce qui permet des validations progressives.
Point important : seule une certification enregistrée au RNCP permet d’attribuer un niveau de qualification reconnu par l’État (avec l’articulation au cadre européen).
Cela inclut différents “types” de certifications : diplômes ministériels, titres professionnels, titres à finalité professionnelle portés par des organismes, CQP… mais avec un point commun : l’inscription au RNCP et une logique de résultats d’apprentissage / compétences mobilisables en emploi.
À retenir : le RNCP est un repère professionnel : ce qui est certifié, c’est la capacité à tenir un rôle, exercer des activités, démontrer des compétences évaluées.
Téléchargez gratuitement votre guide RS / RNCP
Nous avons simplifié toutes les différences entre RS et RNCP dans un seul document. Utilisez-le comme support pour structurer votre offre ou monter un dossier France Compétences
3) “Niveau RNCP” n’est pas “grade universitaire”
- Le niveau de qualification sert à situer la certification dans une grille (France + Europe).
- Le grade universitaire (licence/master/doctorat) renvoie à un cadre académique et à des règles spécifiques (crédits, parcours, reconnaissance universitaire, etc.).
Dans certains cas, un diplôme de l’enseignement supérieur cumule : il confère un grade et il est enregistré au RNCP.
Mais l’inverse n’est pas automatique : un titre RNCP de niveau 7 ne devient pas un master au sens universitaire.
À retenir : niveau RNCP = repère de qualification ; grade (licence/master) = repère académique.
4) Ce que ça change concrètement pour l’apprenant
Insertion et employabilité
Les certifications RNCP sont attendues sur le terrain comme un signal d’employabilité : elles s’appuient notamment sur des critères liés au métier visé (référentiels, modalités d’évaluation, insertion).
Accès à des concours / poursuite d’études
Un diplôme (ou un diplôme national) est souvent plus directement mobilisable pour une poursuite d’études et, selon les cas, pour certains concours, via la nomenclature des niveaux de diplômes.
Professions réglementées
Dans plusieurs secteurs (santé, social, sport…), le diplôme d’État peut être le passage obligatoire pour exercer. À l’inverse, une certification RNCP, même pertinente, ne remplace pas une exigence réglementaire.
Téléchargez gratuitement votre guide RS / RNCP
Nous avons simplifié toutes les différences entre RS et RNCP dans un seul document. Utilisez-le comme support pour structurer votre offre ou monter un dossier France Compétences
5) Comment choisir “le bon label” pour votre offre
Pour positionner une formation, posez-vous ces questions :
- Vise-t-on un métier précis, avec des activités clairement identifiées et évaluables ? (RNCP souvent plus cohérent)
- Y a-t-il une obligation réglementaire de diplôme pour exercer ? (diplôme d’État incontournable)
- La valeur attendue est-elle plutôt poursuite d’études / grade ou employabilité immédiate ?
- Disposez-vous (ou votre partenaire certificateur) d’une certification active et vérifiable dans les bases officielles ?
- Votre communication distingue-t-elle clairement niveau RNCP, grade, durée de formation (“bac+X” peut être trompeur) ?
6) Le point vigilance qui protège votre réputation : “reconnu par l’État” ≠ “diplôme d’État”
Dernier rappel utile : dans le langage courant, “reconnu par l’État” est souvent utilisé trop vite. Un organisme peut avoir une formation adossée à une certification RNCP (donc avec un niveau reconnu), sans délivrer un diplôme d’État.
Et inversement, certains intitulés marketing (“bac+5”, “master”, “diplôme”) entretiennent la confusion si la reconnaissance exacte n’est pas précisée.
Les autorités rappellent d’ailleurs l’importance de ne pas induire en erreur sur les niveaux et reconnaissances.



