Dans un dossier RNCP, le référentiel de compétences est le socle qui permet de démontrer que votre certification atteste des compétences réellement mobilisées en situation de travail, et qu’elles sont évaluables de façon fiable. France compétences le rappelle : une certification RNCP est notamment définie par un référentiel d’activités, un référentiel de compétences et un référentiel d’évaluation.
Si vous voulez éviter le piège classique (on a traduit notre programme en compétences), il faut travailler dans le bon ordre : activité → compétences → évaluation. Le Vademecum RNCP insiste sur ce point : sans un référentiel d’activités solide, l’ensemble devient fragile, et la cohérence globale (dont l’évaluation) s’en ressent mécaniquement.
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1) Partir du réel : le référentiel d’activités avant tout
On écrit rarement un bon référentiel de compétences “dans le vide”. Le référentiel d’activités doit d’abord inventorier les activités professionnelles et les situations de travail associées, avec une réflexion prospective (évolutions du métier). C’est lui qui “arme” le référentiel de compétences, puis le futur référentiel d’évaluation.
Concrètement : listez les activités caractéristiques de l’emploi visé (pas les missions idéales d’une fiche de poste rêvée). Puis décrivez des situations de travail typiques : contexte, contraintes, interactions, outils, niveaux d’autonomie. C’est cette matière qui vous permettra d’écrire des compétences ancrées dans le terrain et surtout défendables.
2) Ce qu’on attend d’un référentiel de compétences RNCP
Le référentiel de compétences “répertorie l’ensemble des compétences professionnelles” qui découlent de l’analyse des situations de travail et en précise les niveaux de maîtrise.
Il ne doit pas expliquer comment former, ni décrire un déroulé pédagogique : il sert de repère normatif pour (1) structurer la certification, (2) construire l’évaluation, et éventuellement (3) organiser l’apprentissage.
À garder en tête : la qualité et la cohérence des référentiels (activités / compétences / évaluation) font partie des critères d’examen d’une demande RNCP.
3) Écrire une compétence : simple, observable, et rattachée à l’activité
Une compétence RNCP doit pouvoir répondre à deux questions très terre-à-terre :
- “Dans quelle situation de travail cette compétence s’exerce ?” (lien direct au référentiel d’activités)
- “Comment peut-on constater sa maîtrise ?” (préparation du référentiel d’évaluation)
La bonne formulation
Privilégiez une formulation verbe d’action + objet + contexte/contraintes. Exemple (fictif) :
“Analyser la demande d’un client et formaliser un cahier des charges, en intégrant les contraintes réglementaires et budgétaires.”
Le niveau de maîtrise
Ne vous contentez pas d’une liste de compétences “plates”. Le Vademecum rappelle l’importance de préciser les niveaux attendus (ex. autonomie, complexité, responsabilité), sinon l’évaluation devient floue et difficile à harmoniser.
Les compétences transversales : oui, mais…
Des blocs composés uniquement de compétences transversales peuvent exister, à condition que la dimension professionnelle soit clairement établie en lien avec les activités du métier, et que l’évaluation soit contextualisée.
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4) Structurer en blocs : un principe juridique
Le Code du travail définit les blocs de compétences comme des ensembles homogènes et cohérents contribuant à l’exercice autonome d’une activité professionnelle, et pouvant être évalués et validés.
Le Vademecum précise plusieurs garde-fous très utiles :
- un bloc doit être rattachable à une ou plusieurs activités professionnelles (lien de causalité) ;
- un découpage en trop grand nombre de blocs peut nuire à cette logique ;
- un bloc ne se confond pas avec un module de formation (ce n’est pas votre plan de cours découpé).
Point de vigilance spécifique : lorsque l’exercice du métier est encadré (réglementation, habilitation, sécurité…), le contenu du référentiel de compétences doit intégrer les exigences requises, et les modalités de validation doivent être conformes aux attendus réglementaires.
5) Verrouiller la cohérence avec le référentiel d’évaluation
Un référentiel de compétences bien écrit mais mal évalué, c’est un dossier qui s’expose à des questions (et souvent à des retours). L’évaluation doit provoquer des situations observables, avec des critères suffisamment précis pour harmoniser les pratiques et objectiver les décisions ; et sa qualité doit être garantie jusque dans l’opérationnel (règles, jury, contrôle).
Traduction : chaque compétence annoncée doit se retrouver, d’une manière ou d’une autre, dans vos modalités d’évaluation. Et si certaines compétences sont “éliminatoires” (sécurité, risques, conformité), ça doit être assumé et construit comme tel.
Checklist express avant dépôt : 6 vérifications qui évitent les aller-retours
- Chaque compétence est rattachée à une activité/situation de travail identifiée.
- La formulation est observable (action + objet + contexte), sans jargon pédagogique.
- Les niveaux de maîtrise attendus sont explicités (autonomie, complexité, responsabilité).
- Les blocs sont cohérents, utiles professionnellement, et évaluables bloc par bloc.
- Le référentiel d’évaluation couvre l’ensemble des compétences, avec des critères suffisamment précis.
- Si le métier est réglementé / à enjeux de sécurité, les compétences et la validation intègrent les exigences correspondantes.
Conclusion
Un bon référentiel de compétences RNCP n’impressionne pas par le volume : il convainc par sa logique. Il part du travail réel, formalise des compétences actionnables, les regroupe en blocs utiles, et rend l’évaluation incontestable parce qu’elle est alignée. C’est exactement ce que France compétences attend quand elle examine la qualité et la cohérence des référentiels dans le cadre des critères RNCP.


