Le Compte personnel de formation (CPF) reste un pilier du financement de la formation, mais 2026 marque un tournant : l’État assume un objectif de maîtrise des dépenses et pousse davantage vers le cofinancement.
Résultat : certaines formations très utilisées (permis, langues, bilan de compétences, certifications RS) voient leurs conditions se durcir avec des impacts concrets pour les titulaires… et pour les organismes de formation.
Voici l’essentiel à retenir pour expliquer clairement ces évolutions.
1) Le “CPF-permis” est désormais encadré
C’est la mesure la plus visible : l’usage du CPF pour les permis “légers” (A1, A2, B1, B) est restreint depuis le 20 février 2026. Concrètement, le financement via CPF est réservé :
- aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail,
- aux salariés bénéficiant d’un financement d’un tiers (abondement Région, OPCO, fonds d’assurance formation, FIPHFP, droits C2P, AT/MP, etc.).
À l’inverse, les permis “lourds” et transport de personnes (BE, C1/C1E/C/CE, D1/D1E/D/DE) restent finançables par le CPF pour tous les titulaires, car ils sont jugés plus directement liés à l’emploi et à l’insertion.
Point opérationnel important pour les OF/auto-écoles : la plateforme peut ne pas afficher immédiatement la restriction au moment de l’achat, mais la règle s’applique quand même : des contrôles peuvent conduire à l’annulation d’un dossier jugé non éligible, avec recrédit des droits.
Télécharger gratuitement le Livre Blanc pour accéder au CPF
Nous avons réuni toutes les infos essentielles pour utiliser votre CPF en un seul fichier clair et pratique.
2) Une logique assumée : cibler les droits CPF “là où l’effet emploi est le plus fort”
Le permis B est devenu la première dépense CPF, et l’objectif affiché est de réserver le financement aux publics qui en ont le plus besoin pour l’insertion ou le maintien dans l’emploi, ou à ceux dont le projet est cofinancé.
Dans le même esprit, le Conseil constitutionnel a validé le principe de cette différence de traitement, au motif qu’elle poursuit un objectif d’intérêt général (insertion/emploi) et qu’elle distingue des situations différentes (demandeurs d’emploi vs salariés sans abondement, etc.).
3) 2026 introduit aussi un plafonnement : votre solde ne suffit plus toujours
Autre changement structurel : la loi de finances 2026 prévoit un mécanisme de plafond de droits mobilisables sur certaines catégories, indépendamment du montant disponible sur le compte. Service-public.fr indique explicitement que ce plafonnement concerne notamment :
- les formations menant à une certification du Répertoire spécifique (RS),
- certains permis (dont A1/A2/B1/B/BE),
- et le bilan de compétences, avec des modalités d’application renvoyées à un décret.
À ce stade, les montants envisagés dans un projet de décret (donc à présenter comme “prévu / annoncé”, pas comme définitivement en vigueur) : 1 500 € pour des certifications/habilitations RS, 1 600 € pour le bilan de compétences et 900 € pour les préparations au permis.
Implication très concrète : même si un titulaire a 2 000 € sur son compte, il pourrait ne pas pouvoir “tout passer” sur une formation plafonnée, et devra compléter (reste à charge) ou chercher un abondement.
Télécharger gratuitement le Livre Blanc pour accéder au CPF
Nous avons réuni toutes les infos essentielles pour utiliser votre CPF en un seul fichier clair et pratique.
4) Participation obligatoire : ce qui est sûr en 2026, et ce qui relève des annonces
Depuis 2024, l’accès au CPF implique une participation financière obligatoire (sauf cas d’exonération). Pour 2026, les sources officielles fixent ce montant à 103,20 € (revalorisation au 1er janvier 2026).
En parallèle, des articles de presse évoquent un tour de vis budgétaire plus large (permis, langues, bilan de compétences) et mentionnent la possibilité d’un reste à charge plus élevé à terme.
Sur ce point, soyez carré dans votre rédaction : ce qui est opposable aujourd’hui, c’est bien 103,20 € pour 2026, tant qu’un texte officiel ne vient pas fixer un autre montant.
5) Formations de langues et RS : vers un CPF plus sélectif
Pourquoi les langues et certaines certifications RS se retrouvent dans le viseur ?
Parce que ce sont des volumes importants, souvent achetés sur la plateforme, et que les pouvoirs publics veulent éviter les usages peu qualifiants ou insuffisamment liés à un projet emploi.
Deux constats s’imposent :
- Le RS reste une voie d’éligibilité, mais l’introduction d’un plafond change l’équation économique (qualité, durée, reste à charge, besoin d’abondement).
- Les organismes de formation ont intérêt à documenter le bénéfice professionnel et à sécuriser leurs pratiques (positionnement, objectifs, modalités, traçabilité), car le CPF 2026 va dans le sens de plus de contrôle et de rationalisation.
Téléchargez gratuitement votre guide RS / RNCP
Nous avons simplifié toutes les différences entre RS et RNCP dans un seul document. Utilisez-le comme support pour structurer votre offre ou monter un dossier France Compétences
6) Ce que les organismes de formation doivent ajuster tout de suite
Vous pouvez intégrer une mini-partie très opérationnelle, par exemple :
- Clarifier l’éligibilité en amont (public ciblé, justificatifs attendus, règles spécifiques permis léger).
- Anticiper les dossiers annulables (si la demande post-20 février 2026 ne rentre pas dans les critères).
- Rendre visible le besoin potentiel d’abondement si un plafond s’applique (RS, bilan, permis), pour éviter l’abandon en cours d’inscription.
Conclusion
Le message à marteler, c’est celui-ci : le CPF n’est pas supprimé, mais son utilisation devient plus conditionnée (publics éligibles, cofinancement, plafonds, contrôles). Les titulaires doivent mieux préparer leur démarche ; les OF doivent mieux sécuriser l’information et l’orientation.
Dans un contexte où les règles bougent vite, le bon réflexe reste de s’appuyer sur les pages officielles (Mon Compte Formation, Service-public, textes et analyses juridiques) et d’expliquer simplement : qui a droit à quoi, depuis quand, et sous quelles conditions.


