Quand on parle de “répertoires officiels”, on pense souvent à une action simple : “inscrire son organisme de formation”.
En réalité, ce n’est pas l’OF qui est “inscrit” : ce sont les certifications (ou habilitations) qui sont enregistrées au RNCP ou au Répertoire spécifique.
Cette nuance n’est pas un détail : elle conditionne votre stratégie. Voulez-vous porter votre propre certification ou préparer à une certification existante via une habilitation/partenariat ?
RNCP et RS : deux répertoires officiels, deux logiques différentes
France compétences tient à jour deux répertoires nationaux qui visent le même objectif : rendre la certification lisible, utile et alignée sur le marché du travail.
Le RNCP : une certification “métier” structurée et reconnue
Le RNCP regroupe des certifications professionnelles qui valident une qualification liée à l’exercice d’un métier. L’enregistrement s’appuie sur une structuration “complète” : activités visées, compétences attendues et modalités d’évaluation associées. C’est aussi dans le cadre RNCP qu’on retrouve la logique de niveaux de qualification et l’organisation en blocs de compétences.
En pratique, si votre parcours vise une montée en compétences qui correspond à une fonction identifiable sur le marché (avec un métier cible, des situations de travail, des évaluations robustes), le RNCP est généralement la référence.
Le RS : des compétences complémentaires, souvent plus ciblées
Le Répertoire spécifique (RS) recense des certifications et habilitations qui attestent des compétences professionnelles complémentaires (souvent transversales ou très opérationnelles). On n’est pas forcément sur une “qualification métier complète”, mais sur une compétence clairement exploitable en emploi.
Autre point clé : l’enregistrement au RNCP comme au RS est limité dans le temps, avec une durée maximale de cinq ans. Autrement dit, ce n’est pas “acquis à vie” : il faut anticiper la suite.
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Pourquoi viser un répertoire officiel quand on est OF ?
S’inscrire dans une logique RNCP/RS c’est transformer la perception de votre offre : vous ne vendez plus seulement une formation, vous préparez à une certification reconnue (ou vous portez une certification).
Et ça a des effets immédiats.
1) Crédibilité : un repère clair pour les apprenants et les entreprises
Une certification enregistrée donne un signal fort : le parcours est pensé avec une finalité professionnelle, et sa structuration est lisible.
Pour un apprenant, c’est rassurant. Pour une entreprise, c’est plus simple à évaluer. Pour vous, c’est un argument solide… à condition de rester précis : on ne dit pas “notre OF est reconnu”, on explique que le parcours prépare à une certification enregistrée (ou que l’OF est certificateur).
2) CPF et financements : un vrai levier d’accessibilité
France compétences rappelle que l’accès au CPF est lié aux formations certifiantes. Concrètement, l’existence d’une certification enregistrée (ou d’une habilitation associée) peut faciliter la diffusion et la commercialisation d’une offre qui devient finançable par des dispositifs publics.
C’est souvent un déclencheur : lorsque le financement est possible, l’offre devient plus accessible, et la conversion commerciale s’améliore naturellement.
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3) Visibilité : être repérable au-delà de votre site et de vos réseaux
Les répertoires nationaux jouent aussi un rôle de “vitrine” : une certification enregistrée est plus facile à identifier et à vérifier.
Cela soutient votre crédibilité et votre présence dans les recherches, surtout lorsque vos prospects comparent plusieurs offres.
4) Structuration : un cadre qui professionnalise votre ingénierie pédagogique
Le plus gros bénéfice, souvent sous-estimé, est interne. Travailler avec une logique RNCP/RS oblige à clarifier ce que vous faites réellement : quelles compétences sont visées, comment elles sont évaluées, quels résultats vous attendez, et quelles preuves vous produisez.
Cela aligne mieux les objectifs, le contenu, l’évaluation, et les résultats observables.
5) Employabilité et partenariats : une porte d’entrée vers du B2B plus fluide
Enfin, une certification claire facilite les échanges avec les entreprises, les partenaires et les prescripteurs. Elle rend votre promesse plus “standardisable” : on comprend ce que l’apprenant sait faire, comment c’est évalué, et à quoi cela correspond dans une logique emploi.
Comment “s’inscrire” concrètement quand on est organisme de formation ?
Il y a deux chemins réalistes, et le bon choix dépend surtout de vos moyens et de votre calendrier.
Option 1 : devenir certificateur (et déposer votre certification)
Vous portez la certification, vous assurez sa gouvernance, et vous pilotez la démarche d’enregistrement.
C’est une stratégie structurante, mais exigeante : il faut une vraie capacité de suivi, de conformité et de pilotage.
Option 2 : préparer à une certification existante (habilitation / partenariat)
C’est souvent la voie la plus rapide pour un OF : vous préparez les candidats à une certification déjà enregistrée, via un partenariat ou une habilitation.
Le gain est clair : vous profitez d’un cadre déjà existant, sans porter toute la charge d’un dépôt.
À noter : le cadre s’est renforcé récemment. Le décret du 6 juin 2025 précise notamment des éléments sur les critères d’enregistrement, les contrôles/sanctions, et la forme et le contenu des habilitations, avec des dispositions applicables (pour certaines mesures)
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Les points de vigilance à avoir en tête
- L’enregistrement est temporaire : il faut anticiper le renouvellement et la mise à jour.
- Il ne faut pas confondre formation et certification : ce sont les certifications/habilitations qui figurent dans les répertoires.
- Plus vous visez des financements et une diffusion large, plus la traçabilité et la conformité deviennent incontournables.
Conclusion
Pour un organisme de formation, les répertoires officiels sont un accélérateur : crédibilité, visibilité, financement, structuration. Mais ce n’est pas un “tampon administratif”. C’est une décision de positionnement, qui vous oblige à choisir entre “porter” et “préparer”, et à construire un modèle cohérent dans le temps.
Si vous hésitez encore, retenez l’idée simple : RNCP = logique métier/qualification, RS = compétence complémentaire/ciblée.
Ensuite, partez du plus concret : ce que l’apprenant saura faire, comment vous l’évaluez, et à quelle reconnaissance cela doit mener.



